Tente étoilée, 2026, installation – scoby, gouache, cire, bois, fils de chanvre, 25 x 28 x 32 cm







RÊVERIES DU REPOS
« Nietzsche caractérise l’art apollinien comme un moyen d’échapper aux désordres du monde par la sublimation des formes. C’est donc dans les refuges et l’envol, consolateurs, que la catégorie apollinienne quitte toute connotation théorique pour s’établir dans l’esthétique contemplative et fantasmagorique de l’abri.
Combinant le jeu créatif de la cabane d’enfant et la construction mature du foyer, cette ouverture est ici un repli introspectif, une projection imaginaire,
l’édification d’un ailleurs, pour échapper au monde impermanent. Si toute œuvre d’art est déjà un refuge – sortie de l’impuissance pour l’artiste, ou baume à l’existence pour le spectateur – la catégorie en recouvre les propositions les plus concrètes.
On y trouve donc des formes contemplatives, comme les projections architecturales de Garas (Fig.D.11), les monumentaux observatoires de Turrell ou la répétition macroscopique du ciel étoilé (Fig.D.12) ; mais aussi des formes plus paradoxales et corporelles qui reprennent à leur compte la panse du Chronos dévorant, en
l’euphémisant par le retour au ventre maternel. »
Liliane Salaün, extrait, page 45 du « NUANCIER : Dionysiaque, apollinien et tragique dans les arts plastiques », réalisé en 2026 dans le cadre du mémoire de fin d’étude.


(Vue de l’intérieur)
Tente n°2, 2026, scoby, bois, 5 x 3.5 x 3 cm


